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 Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution

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joe



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MessageSujet: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 09:28

Cuba marque le 1er janvier un demi-siècle de Révolution après avoir survécu au départ du pouvoir de son "Lider Maximo" Fidel Castro, pour cause de maladie, à 46 ans d'embargo américain, et à un naufrage économique causé par la disparition de l'allié soviétique.
L'un des derniers bastions communistes au monde, Cuba marque cet anniversaire à un moment d'incertitudes sur l'évolution de sa politique sous la présidence de Raul Castro, 77 ans, qui a promis des "réformes structurelles" après avoir succédé à son illustre aîné.
Fidel Castro, 82 ans, devrait être, sauf surprise, le grand absent de ces festivités, lui qui n'a pas fait d'apparition publique depuis fin juillet 2006.
Il avait alors subi une grave opération - dont la cause reste toujours secret d'Etat - qui l'a obligé à renoncer au pouvoir de façon d'abord provisoire puis définitive en février dernier.
"Fils spirituel" du "Comandante" qui a défié sur son île 10 présidents américains, le dirigeant vénézuélien Hugo Chavez pourrait assister aux côtés de Raul Castro aux festivités de Santiago de Cuba, berceau de l'insurrection castriste dans le sud-est du pays.
Une célébration doit avoir lieu jeudi soir dans le Parc Cespedes où Fidel Castro, à 32 ans, proclamait le "début de la Révolution", après la fuite à l'étranger du dictateur Fulgencio Batista et l'entrée à La Havane des premiers rebelles.
La Révolution, aussi portée par le légendaire guerillero argentin Ernesto "Che" Guevara (1928-1967), allait devenir marxiste en mai 1961, un mois après la tentative d'invasion d'exilés cubains, soutenus par la CIA, de la "Baie des Cochons".
Le président John F. Kennedy allait décréter un embargo en février 1962, avant que n'éclate la crise des missiles soviétiques qui faillit déboucher sur une guerre nucléaire.
Aujourd'hui, Fidel Castro, le révolutionnaire au cigare et à la barbe, figure de proue de la résistance à l"impérialisme" américain pour les uns, fossoyeur des libertés pour les autres, veille sur l'évolution de la politique cubaine et mondiale depuis sa "retraite médicale" des environs de La Havane.
Alors que Raul Castro veut ouvrir une économie exsangue pour sauver les acquis de la Révolution, notamment la santé et l'éducation, son frère a assuré qu'il n'y aurait aucune transition vers un système "capitaliste", dans un commentaire sur l'actualité qu'il multiplie dans la presse locale.
Le Parti communiste est tiraillé entre les partisans du statu quo qui, comme Fidel, refusent un assouplissement du régime, et ses pragmatiques qui prônent une ouverture à la chinoise de l'économie contrôlée à 90% par l'Etat et minée par la corruption, selon experts et diplomates.
Car le pays, frappé en 2008 par trois ouragans ayant causé selon les autorités 10 milliards de dollars de pertes (20% du PIB), est toujours officiellement en "période spéciale en temps de paix".
Celle-ci avait été décrétée au moment de la chute de l'URSS en 1991 qui avait entraîné des pénuries énormes et un nouvel exode de milliers de Cubains à l'étranger, notamment vers la Floride sur des embarcations de fortune.
Cette île de 11,2 millions d'habitants s'est trouvée depuis de nouveaux partenaires, en particulier le Venezuela, qui lui fournit 100.000 barils de pétrole par jour à des prix préférentiels, et l'Etat "frère" chinois.
Mais la vie demeure difficile à Cuba, paradis des touristes, où le salaire mensuel moyen est de 18 dollars.
La question des droits et libertés reste un sujet sensible. Si les homosexuels et les croyants ne sont plus réprimés comme ils l'étaient au début de la Révolution, la liberté d'expression et de voyager hors de l'île reste très problématique pour la plupart des Cubains.
Les dissidents cubains, accusés par les autorités d'être à la solde des Etats-Unis, sont entre eux divisés, sans véritable leader, et peu connus sur l'île où l'information et l'accès à l'internet sont étroitement contrôlés.
La dissidence affirme compter 219 "prisonniers politiques" sur l'île.


Dernière édition par ouchla79 le Mer 31 Déc 2008, 09:37, édité 1 fois
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joe



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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 09:30

Fidel Castro, l'homme qui incarne toujours la Révolution cubaine

Avec sa barbe, ses cigares et ses discours enflammés contre l'"impérialisme" américain, Fidel Castro reste l'incarnation de la Révolution cubaine sur laquelle il continue, à 82 ans, à veiller depuis sa "retraite médicale".
Sauf surprise, le fondateur du régime communiste sera cependant jeudi le grand absent des festivités du cinquantenaire de la Révolution, organisées à Santiago de Cuba (sud-est), berceau de la rébellion.
Le "Comandante" vieillissant n'a plus fait d'apparition publique depuis qu'il a subi une grave opération chirurgicale en juillet 2006 et qu'il a cédé le pouvoir au premier de ses lieutenants, son frère Raul, 77 ans.
Les "réflexions" sur l'actualité ou l'histoire dans la presse locale ont ainsi remplacé les longs discours pour Fidel Castro qui, se posant en gardien de l'orthodoxie, continue d'exercer une influence tant sur son île qu'en Amérique latine.
Car l'homme, qui a survécu à 10 présidents américains après avoir pris le pouvoir à l'âge de seulement 32 ans, reste la grande figure de la révolution de gauche pour plusieurs dirigeants hostiles au modèle américain, notamment le vénézuélien Hugo Chavez.
Et ce, même si l'image du révolutionnaire flamboyant a été ternie par la mise au pas de toute opposition et les restrictions aux libertés au nom de la lutte contre l'ennemi déclaré, les Etats-Unis.
"Dans la révolution, tout, contre la révolution, rien", avait lui-même résumé Castro lors du premier congrès "révolutionnaire" des écrivains en 1961.
Fidel Alejandro Castro Ruz est né le 13 août 1926 dans le domaine familial de Biran (sud-est). Son père, un émigré espagnol, fait des affaires avec la puissante compagnie américaine United Fruit. Après la Révolution, celle-ci sera expropriée et la propriété des Castro nationalisée.
C'est à la faculté de droit de l'Université de La Havane, haut lieu de la contestation contre le régime de Fulgencio Batista, que Fidel Castro fait ses premiers pas en politique et dans la lutte armée.
Le 26 juillet 1953, il échoue à prendre d'assaut avec une centaine d'hommes la caserne "Moncada" à Santiago de Cuba. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, il assure lui-même sa défense et prononce son fameux "l'Histoire m'absoudra!". Il est libéré en 1955.
Après un exil volontaire au Mexique où il rencontre l'Argentin Ernesto "Che" Guevara, il débarque avec 81 hommes, dont le Che, sur la côte sud-est du pays, une expédition qui ne laisse que 16 survivants.
Mais dans les montagnes de la Sierra Maestra, il réussit à réorganiser ses hommes et à prendre le contrôle d'une partie de la province d'Oriente avant de déclencher en août 1958 une offensive générale qui se solde par l'effondrement de la dictature de Batista le 1er janvier 1959.
Le 8 janvier, entouré de ses "barbudos", l'homme à l'uniforme vert-olive fait une entrée triomphale à la Havane. Mais les exécutions sommaires des sbires de l'ancien régime tempèrent l'enthousiasme de certains alors que des milliers de Cubains prennent le chemin de l'exil.
En 1961, il proclame le caractère marxiste-léniniste de la Révolution, peu après la tentative d'invasion, soutenue par la CIA, de la "Baie des Cochons".
Les Etats-Unis décrètent en 1962 un embargo contre l'île de Castro qui permet aux Soviétiques d'y déployer des missiles nucléaires, ce qui provoque en octobre une crise avec Washington qui a mis le monde au bord d'une guerre nucléaire.
En dépit de la chute de l'URSS en 1991, qui entraîne une période de graves pénuries sur l'île, il continue à tenir tête à Washington et à refuser tout assouplissement du régime jusqu'à ce qu'il renonce au pouvoir en février dernier.
Castro a par ailleurs toujours maintenu secrète sa vie privée. Il s'est marié une fois, en 1948, brièvement, mais serait le père de huit enfants, dont sept hors mariage. Dalia Soto del Valle, une institutrice rencontrée dans les années 60 et avec qui il partage toujours sa vie, lui a donné cinq fils.
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joe



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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 09:31

50 ans après, la Révolution cubaine suscite enthousiasme et désillusion

C'est là où battait le coeur de la révolution, là où Fidel Castro déclara il y a 50 ans son triomphe devant une foule en liesse. Santiago de Cuba (sud-est) se prépare jeudi à fêter cet événement, avec joie et espoir, mais aussi désillusion et indifférence.
Dans sa maison ancestrale de cette ville de 500.000 habitants, Dulce Maria Arranz, avec toute l'autorité de ses 85 ans, lance sans hésitation: "je n'aime pas le communisme, mais je n'aime pas non plus les Américains".
Cette retraitée d'une fabrique de caramel, qui touche une pension de 200 pesos par mois (environ 9 dollars), dit avoir soutenu le combat des "barbus" qui avaient pris le maquis à la fin des années 50 dans les montagnes de la Sierra Maestra toute proche. Même si elle a été par la suite expropriée comme tant d'autres.
"Je tenais une boutique. Quand Fidel a pris le pouvoir, ils me l'ont enlevée. Mais jamais je n'ai dit du mal de lui, ni que j'avais été expropriée. Résultat, on meurt sans rien", dit-elle de sa voix d'asthmatique, en assurant ne garder aucune rancune.
Elle estime que nombre de ses compatriotes ont oublié la férocité de la dictature de Batista et les réussites de la Révolution, devenue marxiste en 1961, en matière d'éducation et de santé.
"Ici viennent s'asseoir des jeunes qui ne parlent que de bêtises, de musique et de vêtements. Ils ne pensent plus à la révolution", se plaint-elle en montrant d'une main tremblotante les escaliers de l'autre côté de sa rue dans le quartier traditionnel de Tivoli.
C'est à Santiago de Cuba, le 26 juillet 1953, que Fidel Castro, son frère Raul -qui lui a succédé à la tête de l'Etat communiste il y a deux ans-, et une centaine d'hommes armés, opposés à Batista qui avait pris le pouvoir par un coup d'Etat un an plus tôt, ont lamentablement échoué à prendre d'assaut la caserne de Moncada.
Condamné à la prison, puis amnistié et auto-exilé au Mexique, Fidel Castro a débarqué en décembre 1956 avec 81 hommes, dont Raul et Ernesto "Che Guevara, dans ces régions orientales pour mener une guérilla.
Batista a pris la fuite à l'étranger pendant les fêtes du Nouvel an de 1959 et Fidel Castro a pu proclamer la victoire de la révolution depuis Santiago de Cuba, avant de se mettre en route pour La Havane, qu'il rejoindra le 8 janvier.
Cinquante ans plus tard, la Révolution suscite des sentiments partagés à Santiago comme dans le reste du pays où les conditions de vie sont difficiles.
Angel Atala, 79 ans, affirme devoir tout à la Révolution: sa vieille Lada importée de l'ancien allié soviétique et l'éducation de ses enfants.
Mais Francisco, un camionneur de 46 ans, demande "de quelle Révolution parle-t-on?" "J'aime notre système politique mais je dois faire des choses illégales. Les 335 pesos (14 dollars) que je touche de l'Etat ne me permettent pas de faire vivre trois enfants", assure-t-il.
A la sortie de l'ancien collège des Jésuites où a étudié Fidel Castro, lui-même originaire de la région orientale de Cuba, une jeune femme de 17 ans, des mèches rouges dans les cheveux, assure que les "temps ont changé" et que l'"on doit faire aussi des changements".
"Ici, tout est contrôlé. Moi, je veux la liberté, un avenir et que mes enfants ne passent pas autant de temps à travailler pour manger", assure Joaquin Beltran, 21 ans, qui rêve d'aller un jour en Italie.
Dans une pièce meublée pauvrement, où trône un arbre de Noël, une image de saint Lazare, et un téléviseur envoyé par un neveu de Miami (Floride), où se sont exilés de nombreux Cubains, Dulce Maria dit qu'elle va malgré tout se rendre jeudi au Parc Cespedes pour les festivités en présence de Raul Castro, 77 ans, mais, note-t-elle, "sans Fidel malade" et âgé de 82 ans.
"Certains aiment Fidel, d'autres non (...) Mais tout le monde doit mourir un jour, la vieillesse, ça ne pardonne pas".
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 09:33

Il y a 50 ans entrait à La Havane le premier rebelle et...opposant à Castro

C'est devant son téléviseur à La Havane, qu'Eloy Gutierrez Menoyo, premier commandant rebelle à être entré dans la capitale le 1er janvier 1959, va suivre jeudi les fêtes du cinquantenaire de la Révolution. Pour avoir été aussi un des premiers opposants à Fidel Castro.
Cet homme de 74 ans, presque aveugle après 20 ans passés dans les geôles cubaines, se rappelle comment "de Las Villas (centre) jusqu'à La Havane la route était bondée de gens" venus acclamer les rebelles en route vers la capitale.
"Environ un millier d'hommes sont entrés dans La Havane, entre une heure et trois heures de l'après-midi. Nous aurions pu tout occuper, mais nous n'avons rien fait, par inexpérience", raconte à l'AFP cet ancien commandant en assurant qu'il n'a jamais eu "aucune ambition de pouvoir".
Quelques heures plus tôt, dans la nuit du Nouvel an, le dictateur Fulgencio Batista, au pouvoir depuis 1952 après un coup d'Etat, avait pris la fuite à l'étranger, laissant la capitale aux mains d'une bande de pilleurs et de militaires trop faibles et démobilisés pour s'imposer face aux rebelles.
Gutierrez Menoyo, un Espagnol ayant émigré à Cuba avec sa famille républicaine après la guerre civile d'Espagne (1936-1939), dirigeait le groupe rebelle "Le Front de l'Escambray", du nom d'une zone montagneuse du centre du pays qui lui a servi de refuge comme la Sierra Maestra (sud-est) pour Fidel Castro.
Les hommes de Fidel Castro, sous la conduite d'Ernesto "Che" Guevara et Camilo Cienfuegos, n'ont fait que le 3 janvier leur entrée dans la capitale où ils ont alors pris le contrôle des garnisons militaires.
Parti le 2 janvier de son QG de Santiago de Cuba (sud-est), Fidel Castro a été accueilli le 8 janvier à La Havane par une foule en liesse. A la tribune aux côtés de Castro, le commandant "espagnol" obtient comme l'Argentin "Che" Guevara la nationalité cubaine.
Il se rappelle de discussions "jusqu'à l'aube", à la cafétéria Pékin, dans le quartier du Vedado, avec Raul Castro, frère cadet de Fidel qui lui a pris sa relève en juillet 2006 à la présidence.
"Je lui disais que je voulais une démocratie. Et Raul me répétait: +Si toi et moi faisons la démocratie que nous voulons pour Cuba, les Américains vont nous manger", rapporte Gutierrez Menoyo qui a rompu dès 1961 avec le régime et s'est s'exilé à Miami (Floride, Etats-Unis).
C'est à cette époque, où la CIA soutient notamment l'invasion ratée de Cubains anticastristes dans la "Baie de Cochons", qu'il se convertit en chef militaire pour le mouvement radical Alpha-66.
En 1964, il débarque sur l'île communiste avec une poignée d'hommes dans le but d'organiser une insurrection, mais il est capturé et condamné à 30 ans de prison.
Libéré en 1986 grâce à l'intervention du gouvernement socialiste espagnol, il reprend le chemin de l'exil et fonde cette fois une organisation modérée prônant une "révolution pacifique et démocratique", Cambio Cuba (Changement cubain). Mais celle-ci reste presque inconnue sur l'île où l'accès à l'information et internet est très contrôlé.
Il est le seul opposant à avoir pu rencontrer Fidel Castro en 1995, durant une visite autorisée pour qu'il puisse voir sa famille restée sur l'île.
"Je lui ai dit: +tu disais que la révolution était comme ci et comme ça, mais tu t'es converti en son premier dissident. Il m'a répondu qu'il croyait toujours en cette révolution".
"Mais moi, pour croire à cette révolution, j'ai passé ma jeunesse en prison!", lance avec une pointe d'amertume Gutierrez Menoyo qui a pu revenir vivre en 2003 à Cuba.
Il espère que le régime à parti unique, qui considère la dissidence comme des contre-révolutionnaires à la solde des Etats-Unis, va permettre un jour à des partis d'opposition d'exister légalement.
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 09:34

Icône de la Révolution, Che Guevara attire les touristes à Santa Clara

Cinquante ans après le triomphe de la révolution cubaine et plus de 40 ans après sa mort, Ernesto "Che" Guevara reste une icône intouchable et omniprésente à Cuba et surtout à Santa Clara, où son mémorial attire chaque année des milliers de touristes.
C'est à Santa Clara (270 km à l'est de La Havane), théâtre de la plus célèbre bataille de la Révolution, que reposent dans un mémorial les restes du "comandante" argentin, rapatriés en 1997 de Bolivie où le Che avait été tué en 1967 en tentant d'exporter une révolution marxiste.
La figure mythique du compagnon d'armes de Fidel Castro a officiellement attiré depuis 1988 plus de 2,3 millions de visiteurs à Santa Clara, dont la moitié d'étrangers.
Et le fameux portrait au béret du révolutionnaire qui rêvait de l'"homme nouveau" se retrouve partout en vente sur des maillots, des drapeaux, des porte-cartes, des serviettes, des tasses... Sans parler de ces panneaux géants le long des routes appelant les Cubains à être "comme le Che".
"Nous n'avons pas vraiment le choix de venir ici, ça fait partie du tour organisé. Mais je suis content d'être là. Pour moi, le Che reste la grande figure de la révolte, de l'anticonformisme. C'est impressionnant de voir à quel point il est omniprésent à Cuba", relève un touriste français, Christian Cesaron, 52 ans.
C'est à Santa Clara que la légende du Che a pris naissance: le 28 décembre 1958, 300 guérilleros emmenés par l'Argentin donnent l'assaut sur la ville défendue par plusieurs milliers de soldats.
La bataille fait rage pendant trois jours. La population, exaspérée par la dictature en place, soutient en grande partie la cause rebelle et les redditions se multiplient au sein de l'armée qui finalement capitule.
Santa Clara était le dernier obstacle pour les insurgés avant la capitale. Fulgencio Batista sait son sort scellé et prend la fuite à l'étranger dans la nuit du 1er janvier. Quelques heures plus tard, les premiers rebelles entrent à La Havane.
"Le Che, c'était le plus grand, tout le monde le dit, il n'y a pas à discuter", assure un adolescent cubain, Antonio Alfonso, devant l'autre attraction touristique de la ville, le train blindé de l'armée qu'avaient fait dérailler les hommes du Che.
Remettre en cause la figure du Che relève du sacrilège sur l'île communiste et particulièrement dans cette ville de 220.000 habitants.
Dans sa maison exiguë du centre-ville, Guillermo Farinas Hernandez, qui a passé plusieurs années en prison et dont le corps émacié garde les traces de ses nombreuses grèves de la faim, en est bien conscient.
"La Révolution a fait du Che un saint, et enflé démesurément son rôle dans la bataille de Santa Clara", affirme ce journaliste dissident de 45 ans que les autorités accusent d'être à la solde des Etats-Unis.
Sa mère, une petite femme taciturne de 75 ans, n'est pas d'accord. Elle croit dur comme fer au Che et aux idéaux de la Révolution. "Un gouvernement parfait, ça n'existe pas", résume, laconique, Alicia qui, infirmière, avait soigné des guérilleros.
"On ne parle jamais politique à la maison", reprend Guillermo. "Ma mère respecte mes opinions même si elle n'est pas d'accord, si elle pense que c'est parce que Fidel (Castro) n'est pas au courant si quelque chose ne va pas au pays".
Face à la statue du Che, représenté un bras en écharpe pour rappeler une fracture subie pendant la bataille de Santa Clara, un touriste originaire de la défunte Allemagne de l'Est communiste a l'impression de faire sur l'île "un voyage dans le passé".
"C'est très étrange, c'est comme visiter un musée du communisme à ciel ouvert", estime Frank Walter, 50 ans.
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 09:36

Cinquante ans de tensions entre les Etats-Unis et Cuba depuis la révolution

Débarquement de la baie des Cochons, crise des missiles ou tentatives incongrues de suppression du "Lider Maximo": les relations entre les Etats-Unis et Cuba depuis la révolution dirigée par Fidel Castro sont dignes d'un roman d'espionnage.
Le président élu Barack Obama souhaite aujourd'hui entamer des discussions directes avec les ennemis historiques des Etats-Unis, parmi lesquels Cuba, une épine dans le pied du pays, l'île rappelant au monde entier qu'il n'est pas nécessaire d'être une grande puissance pour résister à l'hégémonie américaine.
Mais pour récolter les fruits d'une nouvelle relation avec le gouvernement de Raul Castro, frère du "chef suprême" de la révolution cubaine écarté en février du pouvoir pour raison de santé, il faudra dépasser un long passé fait de méfiance mutuelle, de crises et de tensions.
"Cuba semble produire le même effet sur les administrations américaines que la pleine lune sur les loups-garous", estime Wayne Smith, expert en politique étrangère et ancien diplomate chargé des intérêts américains à La Havane.
Mais Fidel Castro n'a pas toujours été la bête noire de Washington. Le gouvernement mis en place après le renversement du régime pro-américain du général Fulgencio Batista le 1er janvier 1959 avait été très vite reconnu par les Etats-Unis.
Au mois d'avril de la même année, Fidel Castro avait rencontré dans la capitale américaine le vice-président Richard Nixon. Mais ses projets de nationalisation d'entreprises étrangères n'avaient pas été bien perçus.
Puis, en avril 1961, près de 1.400 exilés cubains entraînés et payés par la CIA tentaient sans y parvenir de débarquer sur l'île, dans la baie des Cochons.
En 1962, les Etats-Unis décidaient d'imposer à Cuba un embargo commercial qui se durcira avec le temps.
Les Etats-Unis soutiendront ensuite nombre de projets d'assassinat de Fidel Castro, des projets racontés dans un livre par l'ancien chef de la sécurité cubaine, le général Fabian Escalante, qui vont du cigare qui explose aux cachets et à la combinaison de plongée empoisonnés.
Les tensions entre les deux pays connaîtront leur point d'orgue en octobre 1962, lorsqu'un avion espion américain repère sur l'île des missiles nucléaires soviétiques dirigés vers les Etats-Unis. Le monde se prépare alors à une guerre nucléaire.
Mais les concessions faites par le président américain John F. Kennedy qui promet de ne pas envahir Cuba et de retirer ses missiles de Turquie, pointés vers le sol russe, ainsi que celles du dirigeant russe Nikita Khrouchtchev qui retire ses missiles de Cuba évitent un conflit.
Fidel Castro, qui n'avait pas été tenu au courant de l'accord conclu entre Washington et Moscou, demande alors aux Etats-Unis de quitter la base navale de Guantanamo à l'extrémité sud-est de l'île.
Mais la base, un héritage de la guerre de 1898 entre Espagnols et Américains, restera aux mains de ces derniers, qui en font en 2002 un centre de détention réservé aux individus soupçonnés de liens avec Al-Qaïda ou les talibans, symbole des excès de la "guerre contre le terrorisme" de l'administration du président sortant George W. Bush.
Avec l'arrivée au pouvoir le 20 janvier de Barack Obama, les relations entre l'île et les Etats-Unis pourraient changer. Pendant sa campagne électorale, le président élu s'est en effet déclaré favorable à un allègement de l'embargo imposé à Cuba et a promis de revoir les restrictions aux visites sur l'île d'Américains d'origine cubaine et aux envois de fonds.
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 09:37

50 ans de Révolution à Cuba: les grandes dates

Le 1er janvier 1959, Fidel Castro et ses guérilleros renversaient le régime dictatorial de Fulgencio Batista au terme d'une lutte armée de 25 mois. Voici les grands évènements au cours des 50 ans qui ont suivi la Révolution à Cuba.

--1959--

- 1er janvier: le dictateur Fulgencio Batista prend la fuite à l'étranger
et Fidel Castro proclame le "début de la Révolution" depuis Santiago de Cuba
(sud-est).
- 8 janvier: Entrée triomphale de Fidel Castro à La Havane
- Janvier-juillet: quelque 600 partisans de l'ancien régime sont
fusillés.
- 17 mai: expropriation des grands propriétaires terriens.

--1960--

- 8 mai: Castro rétablit les relations diplomatiques avec l'URSS.
- 6 août: nationalisation des compagnies américaines.

--1961--

- 3 janvier: les Etats-Unis rompent les relations diplomatiques avec
Cuba.
- 17 avril: 1.400 Cubains anticastristes entraînés par la CIA débarquent
dans la Baie des cochons et se rendent après deux jours de combats. Plus de
100.000 arrestations dans le pays.
- 1er mai: Castro proclame la révolution cubaine marxiste-léniniste.

--1962--

- 3 février: le président américain John F. Kennedy décrète un embargo
contre Cuba.
- 22-28 octobre: crise des missiles, suite à l'installation de fusées
nucléaires soviétiques à Cuba, Washington décide un blocus naval de l'île.
Moscou retire finalement ses armes contre la promesse de Washington de ne pas
envahir l'île.

--1963--

- 27 avril: première visite de Fidel Castro en Union Soviétique.

--1971--

- Mars: Arrestation du poète Heberto Padilla, qui provoque la rupture
avec de nombreux intellectuels latino-américains et européens.

--1975--

- Octobre: intervention militaire cubaine en Angola qui durera 16 ans.

--1977--

- 1er septembre: Cuba et les Etats-Unis ouvrent des missions
diplomatiques à La Havane et Washington.

--1980--

- 14 avril au 5 octobre: 125.000 Cubains gagnent les Etats-Unis.

--1990--

- 28 janvier: Castro annonce l'ouverture d'une "période spéciale en temps
de paix", à cause de la fin des subsides de l'URSS qui cesse d'exister en
1991.

--1992--

- Octobre: les Etats-Unis renforcent leur embargo contre Cuba qui
introduit certaines réformes économiques pour faire face à la crise.

--1994--

- 5 août: première émeute à La Havane depuis la fondation du régime. Plus
de 37.000 Cubains quittent ensuite l'île à bord de radeaux.

--1996--

- 24 février: la chasse cubaine abat deux avions de tourisme pilotés par
des anticastristes. En représailles, le président américain Bill Clinton durcit
encore l'embargo.

--2000--

- Octobre: Cuba conclut un accord pour obtenir du pétrole vénézuélien à
prix préférentiels.

--2001--

- Novembre: les Etats-Unis exportent des denrées alimentaires pour la
première fois après plus de 40 ans d'embargo contre l'île.

--2004--

- 20 octobre: Castro fait une chute spectaculaire après un discours et se
fracture le genou gauche.

--2006--

- 31 juillet: Fidel Castro cède le pouvoir à son frère Raul après une grave
opération chirurgicale le 27.

--2007--

- 26 juillet: Raul Castro annonce des "réformes structurelles".

--2008--

- 19 février: Fidel Castro renonce à briguer un autre mandat à la tête de
l'Etat
- 24 février: Raul Castro est élu à la présidence du Conseil d'Etat par
l'Assemblée et approuve la suppression de l'égalitarisme salarial ainsi que la
privatisation de terres d'Etat en friche à de petits exploitants.
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Lider Maximo
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Mer 31 Déc 2008, 18:51

Je viens de lire les deux premiers articls, ca semble tres interessant surtout que ca parle de mon idole, Merci Ouchla pour ce dossier

_________________


Les rivalités entre villes c'est Comme quand tu vas draguer des filles dans un autre village que le tien et que quand tu retournes dans ce même village, tous les types t’attendent pour te foutre une bonne correction.
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Jeu 01 Jan 2009, 13:39

c'est ton cadeau de fin d'année fréro
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Lider Maximo
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Jeu 01 Jan 2009, 19:13

merci à toi

c'est vraiment tres interessant tout ca, y a beaucoup de chose que j'ignorais du Lider

_________________


Les rivalités entre villes c'est Comme quand tu vas draguer des filles dans un autre village que le tien et que quand tu retournes dans ce même village, tous les types t’attendent pour te foutre une bonne correction.
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Dim 04 Jan 2009, 12:57

Merci kouya, j’espère que tu continuera a nous influencer par tes sujets
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MessageSujet: Re: Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution   Aujourd'hui à 02:24

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Dossier spécial : Cuba fête 50 ans de révolution
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